Holi DelhiEt voilà ! On vient de passer notre premier festival en Inde. « Holi », c’est la fête du printemps, le jour où les Indiens, d’habitude plutôt austères et conservateurs dans leurs comportements sociaux, se relâchent un peu.

Le nom Holi vient de la méchante Holika, qui voulait bruler vif le valeureux prince Prahad. Mais ce jour là, on célèbre surtout ce petit farceur de Krishna qui s’amusait comme un petit fou à jouer des blagues à sa copine Radha, en lui piquant ses vêtements quant elle se baignait dans la rivière aves ses amies les Gopis (laitières) ou, encore plus drôle, en lui ravageant ses vêtements avec de la poudre colorée. C’est pourquoi ce jour-là, les Indiens s’amusent à s’asperger mutuellement d’eau colorée et se jettent à la figure des poudres aux couleurs vives. Inutile de dire que ce n’est pas le jour pour sortir dans la rue avec son plus beau sari ni en costume Armani …

Ce matin là, nous avions donc décidé de faire la fête, nous aussi. Non, mais sans blague, pour une fois qu’on peut se lâcher à Delhi, on n’allait quand même pas rater l’occasion ! Catherine, Tom, Luna et moi, nous sommes donc aventurés dans les rues de notre quartier armés de canons à eau (préalablement colorée en bleu) et de bombes aérosols projetant de la mousse rose fuchsia. Au début, on était un peu timorés, et nous avons commencé par asperger timidement les cyclistes et les rickshaws qui passaient en zigzaguant pour essayer d’éviter nos jets d’eau.

Par la suite, nous nous sommes enhardis. Asperger des gens qui ne font que passer, c’est facile, mais un peu lâche, reconnaissons-le. Par contre, c’est nettement plus intimidant quand on se retrouve en face de quelqu’un qu’on rencontre régulièrement au coin de la rue. Face à face, on hésite quand même un peu avant de presser sur la valve de l’aérosol ou sur la gâchette du fusil à eau. Surtout, si le gars en face vous supplie de ne pas tirer. Mais flute après tout, c’est Holi oui ou non ? Notre mot d’ordre étant « pas de quartier », on s’est très vite habitués à asperger tout ce qui passait à notre portée, même les vaches sacrées, sacrilège ultime dont Tom s’est rendu coupable… Maintenant, il est bon pour aller se baigner dan les eaux sacrées du Gange pour laver ce péché mortel !

Il faut dire que les Indiens ne nous ont guère épargnés non plus. Les premiers que nous avons rencontrés hésitaient un peu, eux aussi, avant de nous asperger, mais une fois qu’ils ont vu que nos habits étaient tout maculés, ils ne se sont plus gênés du tout. On a eu droit à la totale, en particulier de la poudre colorée dans les cheveux, qu’ils nous répandaient généreusement sur le cuir chevelu après nous avoir préalablement béni en nous apposant un tilak au milieu du front. Catherine avait un look d’enfer, avec sa chevelure rose fluo, jaune et vert, je suis sûr qu’elle aurait pu lancer un nouvelle mode sur les Champs Elisée ou à Times Square.

Nous avons passé ainsi quelques heures très divertissantes à faire les fous dans les petites rues de Delhi. Nous avons terminé la matinée dans un rickshaw en aspergeant tous les passants que nous croisions le long des rues. C’était le meilleur moment ! L’année prochaine, je crois qu’on va réquisitionner un rickshaw pour tout l’avant midi, l’armer de canons à longue portée et d’un bazooka à ballons d’eau qui éclateront en éclaboussant leurs victimes. On appellera cela l’escadron infernal des Muller. Je sens qu’on va s’amuser comme des fous.

Curieusement, nous n’avons pas croisé d’autres étrangers ce jour là. C’est vrai que la consigne que nous avions reçue était de rester chez nous jusqu’à midi, l’heure officielle de la fin des festivités. Mais nous avions décidé de braver l’interdit et de nous amuser avec les Indiens. C’est marrant de voir comme les contacts deviennent subitement chaleureux et comme la complicité s’installe vite quand on décide de jouer le jeu des coutumes locales …

Les enfants s’en sont donnés à cœur joie. Comme vous pouvez vous en douter, leur cible privilégiée fut votre humble serviteur. Mon t-shirt vert est ruiné de même que mes baskets, mais ce n’est pas grave, c’étaient des vieux. Tom a décidé de ne pas laver le sien, il le garde comme une relique. C’est vrai qu’il ressemble un peu à un tableau surréaliste.. Et à l’heure où j’écris ces lignes, mon cuir chevelu est toujours coloré de rouge, un peu comme celui des Indous quand ils reviennent du temple. C’est bien, cela me donne un petit air de gourou qui me va parfaitement, je trouve…

4 réponses à « Holi Delhi ! »

  1. HOLI CRAP!!! HOLLY CRAP!!!

  2. Félicitation!moi,j’aurais jamais « osé »!Bien dit,JP,comme d’habitude!

  3. Avatar de hemroulle chantal
    hemroulle chantal

    bon!je lis je relis ,c’est bien ,c’est très bien,c’est très très bien!!!!! mais c’est frustrant,c’est insuffisant….je sais cousin jip’ que tu ne fais rien à moitié et que donc c’est le temps qui te manque le plus pour nous régaler de ta prose et des anecdotes savoureusement contées….mais bon…je ne sais pas moi….une photo au boulot,un souci de bagnole,superCATH qui s’est perdue,….inventes même!!!
    Je plaisante!bravo coucoubisou à tous!!!

  4. bonjour nous serons en inde du nord pour holi (11/3/2009).
    Nous prevoyons d etrea varanasi ce jour…est ce une bonne idée ou serait ce mieux ailleurs?
    Nous prevoyons d aller a allahabad…ca vaut le coup?

    Merci de partager vos experiences

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