drapeau afrique du sudIl y aura bientôt deux ans que nous sommes installés en Afrique du Sud. Comme le temps passe, n’est-ce pas ? Il me semble que c’était hier que nous posions le pied sur le sol sud-africain, excités par cette nouvelle aventure, mais également un peu effrayés de nous retrouver à Johannesburg,  que l’on nous présentait comme la capitale mondiale du crime. Comme souvent, la réalité s’est avérée bien différente de ce que nous attendions … ou redoutions. Le moment me semble donc venu de tirer un premier bilan des “tops” et des “flops” ce de pays, autrement dit, de ce que j’aime et de ce que je déteste ici. Disons-le tout de suite, la balance penche largement du côté des “tops”. En effet, l’Afrique du sud nous a séduits, dans l’ensemble. Pour vous en convaincre, je vais donc commencer par une petite liste de mes coups de cœur, classés par ordre alphabétique … 

Braai il y a des sujets très sérieux avec lesquels on ne peut pas se permettre de faire de l’humour. Par exemple, la bannière étoilée aux États-Unis, la baguette en France, la religion en Inde ou les syndicats en Belgique. Pour l’Afrique du sud, c’est le “braai”. Le mot braai provient de l’Afrikaans “braaivleis”, littéralement “viande grillée”. Cela consiste à faire cuire de la viande crue sur une grille métallique, en dessous de laquelle couvent des braises de charbon de bois. Oui, je sais ce que vous pensez. C’est un peu comme un barbecue, quoi ! Oui, mais non ! Pour les Sud-africains, cela n’a rien à voir : un braai, c’est un braai, et “barbecue”, c’est une sauce. Point. C’est tellement important pour l’Afrique du sud qu’il y a même un jour férié dédié au braai. Le 24 septembre, c’est « braai day » dans toute l’Afrique du sud. Historiquement, c’était “heritage day” (la journée du patrimoine), mais tout le monde l’a oublié apparemment. (NB : en fait, un ami Sud-Africain m’a expliqué récemment que c’était de la foutaise ce jour férié, que c’était tous les jours « Braai day » en Afrique du Sud 🙂 ). En tous cas, on n’imagine pas ici une maison qui ne disposerait pas d’un “stoep” (terrasse ou véranda en Afrikaans) et dont le “stoep” ne disposerait pas d’un “built-in braai”  (braai encastré avec cheminée). Ce serait un peu comme une voiture aux USA qui aurait moins de huit “cup holders” : sans aucun intérêt pour l’acheteur potentiel. Bref ! Nous sommes donc au pays du braai.  Oui mais voilà, votre serviteur n’a jamais été très doué pour allumer un barbecue correctement (et, par conséquent, pas non plus un braai).  J’ai beau entasser du petit bois, des boutefeux, des paquets de journaux, des tas de charbon bois. Tout ce que j’arrive à produire, ce sont des flammes gigantesques, des signaux de fumée à rameuter tous les sioux de la terre, des cendres dispersées à cent mètres à la ronde; je souffle, je ventile, j’oxygène …   mais je termine toujours la frimousse aussi noire que les ramoneurs de Mary Poppins et on finit généralement par cuire la viande à la poêle après que les patates soient carbonisées au four et que la salade soit retombée comme un soufflé qui aurait attendu les convives.

zippy braaiboxMais ça, c’était avant, au temps des barbecues, car maintenant tout a changé. Car nos amis Sud-africains, qui sont des gens très pragmatiques, ont inventé le “Zippy Braaibox”. C’est le braai près à l’emploi si vous voulez. Cela ressemble un peu à ces boites de feux d’artifice où vous n’avez qu’à allumer la mèche pour que ça pète dans toutes les directions et dans toutes les couleurs. Pour le zippy braaibox aussi, il suffit d’allumer la mèche et le tour est joué. Vous disposez la boite dans votre “built-in braai” et vous pouvez l’oublier en entretenant vos invités de sujets aussi importants que les événements sportifs du week-end, la dernière bourde de Jacob Zuma ou encore les développements récents du procès Pistorius, en savourant quelques Castle Lite, Hansa pilsner ou Carling Black Label (publicité gratuite pour South African Breweries), tandis que les femmes en cuisine préparent les salades et les zakouskis en se racontant des cancans sur les absentes et en buvant du vin avec des glaçons dedans. Pendant ce temps, le zippy braaibox accomplit son œuvre lentement. Le papier journal va embraser le petit bois, la structure va se dissoudre méthodiquement dans la cuve métallique et les braises vont se former doucement. Une demi-heure plus tard, montre en main, elles seront prêtes pour griller à point vos boerwors (saucisses piquantes), steaks d’autruches et médaillons d’impalas. Merci le zippy braaibox. Voilà encore un braai de réussi !

Courtoisie (au volant) : J’ai parfois du mal à comprendre les Sud-africains. Si vous les écoutez, conduire en Afrique du sud s’apparenterait à une véritable souffrance, une opération hautement risquée, tentée au péril de leur vie. Pourtant, moi je trouve qu’il fait plutôt bon rouler sur les routes sud-africaines. Elles sont généralement en très bon état, et je trouve que les gens conduisent plutôt bien. Pour se plaindre ainsi, les sud-africains n’ont visiblement qu’une vague idée de la manière dont on conduit ailleurs. J’ai parfois envoie de leur suggérer d’aller faire un petit stage de conduite à Paris, Naples, Athènes ou Istanbul ! Et pour nous qui arrivions tout droit de New Delhi, où la loi de la jungle faisait fonction de code de la route, le contraste fut absolument radical. Ici, la majorité des conducteurs sont calmes, patients et courtois. On ne roule pas avec le doigt appuyé sur le klaxon comme en Inde. Et il n’a pas fallu, comme en Belgique, qu’une loi soit votée pour contraindre les gens à adopter la technique dite “de la tirette” lors d’un rétrécissement du nombre de voies. Ici, cela se fait tout naturellement. Et il est même fréquent que des conducteurs se trouvant sur une voie prioritaire ralentissent pour laisser passer élégamment des véhicules venant de routes secondaires. Hélas, il y a quand même une exception de taille aux conducteurs courtois : ce sont les chauffeurs de taxis collectifs … (voir dans la section “flops” : minibus taxis).

Howzit ? Les Sud-africains ne sont pas seulement courtois au volant, ils sont également très polis dans la vie de tous les jours. Donc, partout où vous allez, les gens dans la rue, dans les commerces, au téléphone, etc. commencent toujours une conversation en vous demandant d’abord comment vous allez. Et vous êtes supposé leur répondre : “Très bien merci, et vous ?”, et si vous ne le faites pas, c’est soit que vous êtes un grossier personnage, soit un touriste étranger qui ne connait pas les usages locaux. Ou les deux. Même le flic qui vous arrête au coin de la rue pour une prétendue infraction au code de la route et ne cherche, en fait, qu’à vous soutirer 50 rands de bakchich, vous demandera tout d’abord comment vous allez aujourd’hui. Le plus drôle, je trouve, ce sont les gens qui vous appellent au téléphone et qui commencent la conversation par vous dire d’abord qu’ils vont bien, merci, et ensuite vous demandent comment vous vous allez ! En anglais, ça donne ceci :  « Hello, I am good, thank you and you ?”. Bref ! Toutes ces petites formules de politesse sont très sympas, certes, mais elles  prennent un temps fou ! Du coup, les Sud-africains, super pragmatiques comme je le disais plus haut, ont remplacé l’expression “Bonjour, comment allez-vous ?” par le simple mot “Howzit ?”, contraction vocale extrême de “How is it going with you ? ». La variante, un peu plus familière, mais tellement savoureuse, est : “Howzit my bru ?” ou “Howzit my broe ?” ou “Howzit my bro ?“ Bref ! Vous l’écrivez comme vous voulez, mais en tous cas, le dernier mot se prononce avec un “ou” comme dans hibou, mais long, très long le “ou”. Donc phonétiquement, cela donne “howzit my bruuuuuuuuuuuu”. Littéralement, on pourrait donc traduire, par “Comment ça va, mon frèèèèèèèèère”.  L’expression “Howzit ?” est tellement étroitement associée à l’Afrique du sud que le portail sud-africain de MSN a été rebaptisé howzit.co.za (NB : ZA étant le suffixe des domaines internet sud-africain, l’un des derniers signes évocateurs encore existant de l’époque où ce pays s’appelait “Zuid Africa”, en afrikaans dans le texte).

Makarapa  Moi qui suis un grand fan de foot, l’une des premières choses qui m’a intrigué en regardant les matchs à la télé, ce sont ces drôles de couvre-chefs qu’arborent les supporters de foot Sudaf. Il s’agit en fait de casques de mineurs découpés et décorés à la main aux couleurs des clubs ou de l’équipe nationale. C’est très créatif, je trouve. Tellement que j’ai décidé de commencer une collection. Pour le moment, ma collection ne comporte encore qu’une seule pièce, car ce sont des objets très rares dans les commerces. Donc, si vous cherchez un cadeau original pour mon anniversaire ou ma fête des pères, vous savez quoi m’offrir ! Bonne chasse ! Mon makarapa (qui s’appelle, en fait, un lekarapa, car je vous rappelle, au cas où vous l’auriez oublié, qu’en zoulou on dit : “un lekarapa”, “des  makarapas”), est celui des Kaizer Chiefs, l’une des deux équipes professionnelles de Soweto, le plus grand township de Jo’burg. Le hasard fait bien les choses, je trouve, car les Kaizer Chiefs ont été sacrés champions d’Afrique du sud l’an dernier et j’ai donc décidé de devenir supporter, car tant qu’à supporter une équipe, autant supporter les meilleurs, n’est-ce pas ? Surtout que j’ai déjà le lekarapa… De ce fait, mon ennemi juré et héréditaire (que mes enfants se le disent !) est devenu automatiquement l’équipe des infâmes Orlando Pirates, l’autre équipe pro de Soweto, et il faudra me rappeler de ne pas oublier de les inscrire dans ma liste des “flops”. Ceci étant dit, si vous trouviez un lekarapa des Pirates, je le veux bien quand même. Je ferai un peu de magie noire dessus, style poupée vaudou avec aiguilles et écran de fumée en utilisant l’encens qui nous reste de Rishikesh en Inde. Ça fonctionne très bien, cet encens, tous vos vœux se réalisent, y compris les mauvais sorts. A noter qu’au moment où j’écris ces lignes, ce sont les Mamelodi Sundows de Pretoria qui sont en tête du championnat de la première ligue Sudaf. Les Chiefs ne sont que deuxième, avec 4 points de retard, donc je suis dans tous mes états, vous n’avez pas idée. A deux journées de la fin du championnat, ça la fout mal.  Heureusement, les horribles Pirates d’Orlando trainent à la 4ème place. C’est quand même une consolation.

Madiba
Les Sud-Africains se recueillent devant la maison familiale de Nelson Mandela à Johannesburg, le 6 décembre 2013

Mandela : Il faut vivre ici pour mesurer combien il aura marqué ce pays de son empreinte. La population dans son immense majorité lui voue un véritable culte. Sa disparition récente a laissé une grande tristesse dans les cœurs, mais aussi un sentiment de profonde gratitude. Sa mort n’a pas exacerbé les tensions, il n’y a pas eu de “nuits des longs couteaux” comme certains oiseaux de mauvais augure le prédisaient, mais au contraire, on a assisté à des scènes de recueillement fraternel, toutes races, classes et âges confondus. Et si Madiba, comme on l’appelle affectueusement ici, a bien été le héros de la population noire opprimée, la majorité des Blancs le respectent profondément. Beaucoup parmi eux ressentaient de la culpabilité face à la politique raciste de l’apartheid. Madiba leur a tendu la main de la réconciliation et leur a offert une rédemption quasiment inespérée. Bref ! Madiba est sacré ici. On vient juste d’inaugurer une statue à son effigie devant le parlement sud-africain de Cape Town, mais manque de chance, le lendemain de l’inauguration, un combi de flics l’a défoncé par inadvertance. Oups ! Le pauvre Madiba a dû se retourner dans sa tombe. Mais tant mieux d’un côté, car après la prestation grotesque du traducteur en langue des signes lors de la cérémonie commémorative en son honneur, il doit être à l’endroit à présent…

Nature : Waouh ! Quel pays extraordinaire. La nature est fantastique, c’est le pays des grands espaces et les paysages sont à couper le souffle. Il nous faudrait un siècle pour explorer ce pays du nord au sud et d’est en ouest. Mes coups de cœur pour le moment : la chaine du Drakensberg, les wetlands de Saint Lucia, la réserve animalière de Madikwe, le Cap de Bonne Espérance, la « table montain » du Cap, la route des panoramas au Mpumalanga, le petit village de Franschhoek dans la région des vignobles du Cap, la plage d’Umhlanga rocks près de Durban. Et j’en passe. Comme dit ma petite Catherine : on a de la  chance de voir tout cela. Et ce n’est pas fini …

Restaurants : l’Afrique du sud est un petit paradis pour les  gourmets.  Ce n’est pas toujours de la très grande gastronomie, mais c’est toujours très convivial, les terrasses ensoleillées sont accueillantes  et on a l’embarras du choix entre toutes les cuisines du monde. En plus, les prix sont étonnamment bas. C’est bien simple : cela revient moins cher de manger un bon steak au restau que de l’acheter au supermarché et se le cuire à  la maison. Donc, on aurait tort de se gêner, pas vrai ? Du coup, tous les dimanches midi, on se fait un petit restau de derrière les fagots. Après deux ans à ce régime, on est encore loin d’avoir épuisé la liste des établissements de notre quartier. C’est vous dire…

Safaris : Bon, je sais ce n’est pas très original de parler des safaris en Afrique du sud, mais quand même, on ne s’en lasse pas. Surtout ma Douce et Tendre qui ne manque jamais de jouer les « game rangers » quand on a de la visite. Il faut dire qu’elle a des yeux de lynx. Et lorsqu’elle me dit, en baissant la voix, presque dans un souffle : “Attends un peu !“, en me tapotant le genou pour que je stoppe la voiture et qu’elle empoigne ses jumelles Zeiss “grand safari”, vous pouvez être sûr qu’elle a repéré un des “big five” ! A propos des big five, vous l’aurez sûrement remarqué comme moi, ils sont six (éléphant, buffle, rhino, lion, léopard, guépard), ce qui augmente un peu vos chances d’en voir quelques-uns au cours d’un safari. Mais bon, entre nous, ceux qui s’imaginent qu’ils vont voir les “big six”, ou même les “big five”, en une seule journée sont de doux rêveurs. Ici, on n’est pas au “monde sauvage d’Aywaille”, vu ? Donc, si vous avez la chance d’en voir trois sur une seule et même journée, estimez-vous heureux. Notre réserve préférée, le Pilanesberg, est située à deux petites heures de route de la maison, donc on peut facilement y passer la journée en partant tôt le matin, et en revenant au coucher du soleil.

Ce que j’aime aussi dans les safaris,  c’est “l’esprit safari”. Quand on part le matin dans mon 4 x 4 Renault Koleos rouge pétant, style camion de pompier, on sait qu’on ne va pas vraiment passer inaperçus dans la réserve, mais on s’habille quand même en kaki, histoire de faire camouflage dans la nature. Ça fait partie du fun.

L'esprit safari
« L’esprit Safari »

Soleil : Il n’y a pas à dire : le soleil c’est bon pour le moral. Nous en avons 300 jours par an en moyenne. Et vous ? En plus, avec les 1.800 mètres d’élévation de Jo’burg, la température monte rarement au-delà des 30°, même au cœur de l’été. Par contre, les soirs d’été, le ciel se déchire dans des orages violents qui déversent des trombes d’eau dans la nature. Et puis, subitement tout se calme, s’apaise, et l’odeur de l’herbe mouillée exhale dans la fraîcheur nocturne. J’adore ces étés toniques, sauvages. Ils me rappellent un peu Houston. Et nos hivers sont doux et ensoleillés, avec une température proche de 20° la journée. Bon d’accord, il fait un peu frais la nuit, mais rien de tel que dormir la fenêtre ouverte dans l’air pur et vivifiant d’une nuit fraîche, calfeutrés bien au chaud sous la couette, pas vrai ? Quand je pense aux caleçons longs que j’enfilais pour résister aux frimas de Shanghai en hiver et au smog nauséabond des nuits polluées de Delhi, je me dis qu’il fait décidément bon vivre ici à Jo’burg !

Sports : Quel bonheur d’avoir retrouvé un pays où le sport constitue l’un des centres d’intérêt majeurs d’une partie importante de la population. Pas un week-end qui ne soit ponctué d’un grand évènement sportif ! Selon les rankings internationaux, les Springboks (rugby) sont deuxième mondiaux, et les Proteas (cricket) sont dans le top 4. Cela va peut-être vous paraître bizarre, après avoir vécu au Pakistan, en Inde et maintenant en Afrique du sud, je suis devenu un vrai fan de cricket ! Pour ce qui est des Bafana bafana, (foot), leur ranking est nettement mois bon. Ils ne sont que 66ème au classement de la FIFA et 14ème pays africain, mais cela n’entame en rien l’enthousiasme des supporters. Jamais vu des gens aussi fanatiques d’une équipe globalement aussi médiocre. Ils viennent encore de se prendre une grosse claque avec un 5-0 contre le Brésil devant leur public, lors d’un match amical au stade “soccer city” de Soweto, mais les commentateurs en ont conclu que c’était le choc salutaire, l’élément déclencheur nécessaire pour amorcer un changement radical. Donc, ce 5-0, c’était plutôt une bonne chose. Voilà, ce que j’appelle rester positif !  Ailleurs, on aurait viré l’entraîneur depuis longtemps, mais pas ici: Gordon Ingeson est toujours bien en place. A part cela, le cyclisme est le sport qui monte. Ils sont fous de VTT, ce qu’on peut comprendre aisément avec de tels paysages, une nature aussi diverse et cette impression d’infinité dans les espaces, mais il y a aussi, depuis peu, une équipe Sudaf dans le circuit pro-tour sur route (MTN-Qhubeka). Du coup, les Sud-africains se passionnent pour nos classiques cyclistes, retransmises en direct à la télévision, de même bien sur que les grands tours, en tête duquel le tour de France et le Giro. L’an dernier, un Sudaf, Daryl Impey, a même porté le maillot jaune. C’était toute une affaire ici !  Du coup, je suis sur le point de racheter un vélo et de me remettre en selle. C’est dire …

T.I.A. : J’adore cette expression. T.I.A = “This is Africa”. C’est la phrase magique qui permet aux gens de dédramatiser tous les impondérables, d’expliquer tout ce qui est inexplicable et, surtout, de se dédouaner de toutes leurs fautes. Si un chauffard emboutit votre voiture, si la pizza qu’on vous livre est déjà froide, si la banque s’est trompée d’un zéro en votre défaveur, si l’avion que vous devez prendre est reporté au lendemain, il ne faut pas vous fâcher, c’est comme ça, c’est l’Afrique ici, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, et il faut faire avec. Et si cela ne vous plait pas, il faut rester chez vous, non mais sans blague !

Vuvuzelas-BeadedVuvuzela : j’ai beaucoup hésité à la caser dans les “tops” ou plutôt dans les “flops” de l’Afrique du Sud. Mais vu le nouveau titre de mon blog, ça aurait été bizarre de la mettre dans les “flops”, hein ?  Et d’ailleurs, depuis la coupe du monde de football, la vuvuzela n’est-elle pas devenue la contribution majeure de l’Afrique du Sud au patrimoine culturel mondial de l’humanité ? Non, blague à part, reconnaissons que l’objet est du plus haut intérêt. D’une simplicité extrême, elle invite en même temps tout artiste qui sommeille en nous à laisser s’exprimer sa créativité.  Du coup, les magasins ici regorgent de vuvuzelas décorées et relookées, il y en a vraiment pour tous les goûts et je me dis parfois que j’aurais mieux fait de commencer une collection de vuvuzelas plutôt que de makarapa, car c’est nettement plus facile à trouver. En fait, le seul véritable inconvénient de la vuvuzela, c’est qu’elle fait du bruit. Beaucoup de bruit. J’en sais quelque chose. J’ai assisté il y a quelques mois à un match de foot à Rustenburg, c’étaient les quart de finale de la CAN (coupe d’Afrique des Nations) : Nigéria contre Côte d’ivoire. Il y avait un immense Nigérien derrière moi. Il devait avoir acheté sa première vuvuzela ce jour-là, car il a soufflé dedans comme un malade pendant tout le match. En sortant, j’avais une oreille comme un chou-fleur. J’avais été invité au match par un ami franco-ivoirien (en fait, tout à fait français, mais marié à une ivoirienne), qui avait lui-même un grand ami ivoirien qui allait nous obtenir des places gratuites en loges VIP. Le plan était tout simple : on n’avait qu’à appeler l’ami ivoirien sur son GSM quand on arriverait au stade. Malheureusement, le gars n’avait pas répondu au téléphone quand on l’avait appelé, ni aux SMS qu’on lui avait envoyés. Mais ce n’était pas grave … T.I.A … Nous nous étions donc rabattus sur les dernières places disponibles aux guichets du stade. C’était dans les zones populaires du kop des supporters nigériens. Cela la foutait mal car, comme nous étions sensés nous retrouver dans les loges VIP avec des Ivoiriens, nous nous étions habillés tout en orange, la couleur des supporters des Éléphants de Côte d’Ivoire. Vous voyez le tableau … Deux blancs en orange dans le kop nigérien, perdus dans une marée verte. On faisait tache. Et ils ne nous avaient pas raté les gars, surtout le grand à la vuvuzela derrière moi. En plus, les Super Eagles du Nigeria avait gagné 2-0 (NB : pour la petite histoire, ils allaient d’ailleurs remporter la finale de la CAN le dimanche suivant). Ça a avait été la grosse fiesta dans le kop nigérien. L’homme a la vuvuzela m’avait serré la main après le match, façon “African handshake” (cela commence par une poignée de main normale, puis il faut pivoter la paume de la main autour du pouce du gars et ensuite revenir à la poignée de main normale. Je ne maîtrise pas encore tout à fait la technique mais je m’améliore de jour en jour). Enfin bref ! Le gars m’avait dit quelque chose aussi, je pense même que c’était en français, car il avait tortillé sa bouche bizarrement,  mais je n’avais rien

Ambiance torride dans le kop nigérien - stade Royal Bafokeng de Rustenburg - 9/02/2013
Ambiance torride dans le kop nigérien – stade Royal Bafokeng de Rustenburg – 9/02/2013

compris, car il y avait beaucoup de bruit dans le stade et il avait parlé dans mon oreille en chou-fleur. En tous cas, on s’était quittés bon amis, et finalement je pense que c’était mieux qu’ils aient gagné, les Nigériens. Je n’aurais pas tellement voulu le voir en colère. Elle a dégonflé avec le temps (je parle toujours de mon oreille), mais elle est resté bouchée pendant quelques jours, et un an après, je me demande s’il ne me reste pas des séquelles. En tous cas, j’ai noté une tendance naturelle à tourner ma tête vers la droite quand quelqu’un me parle.

Bon… J’arrête ici mon bavardage mais je suis sûr que j’ai oublié plein de choses géniales.  Il faut avouer que la vie pourrait être pire, n’est-ce pas ? J’avais prévu de vous entretenir aussi des “flops” sud-africains, mais je me rends compte que mon temps de parole est écoulé si je ne veux pas perdre les quelques lecteurs qui me sont restés fidèles, après deux ans d’absence sur la grande toile. Donc voilà, cher lecteur, chère lectrice, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine ou la suivante pour les “flops” sud-africains, mais si je suis en retard, ne m’en voulez pas. T.I.A ! Mais pour attiser votre curiosité, voilà déjà ma petite liste : Adidas, BEE, Biltongs, Gogga, Grèves, Guptas, Minibus taxis, Paranoïa, Peri-peri, Poachers, Robots et Soen (op lippe). Et bien sûr, les horribles Orlando Pirates; encore un peu, je les oubliais ! Cheers !!!  🙂

12 réponses à « Les “tops” et les “flops” de l’Afrique du sud »

  1. Avatar de Anne-Marie Hemroulle
    Anne-Marie Hemroulle

    OH ! JP ! QUELLE BONNE SURPRISE ! JE N’Y CROYAIS PLUS. TE REVOILA ! jE veux m’installer,après mon bain, en pyjama et déguster ça comme un bon mets bien épicé,ou un dessert qui fond dans la bouche…enfin, un mets sucré-salé…qu’un chef plein de talent aurait concocté rien que pour moâh ! a plus tard ! et merci JP.

    Date: Sat, 17 May 2014 21:31:26 +0000 To: ahemroulle@hotmail.com

    1. Oulà-là ! Quel éloge ! Mais quelle responsabilité aussi ! J’espère que je ne vais pas te gâcher la soirée avec ma pauvre prose 🙂

  2. Avatar de Anne Marie Hemroulle
    Anne Marie Hemroulle

    Je me pourlèche les babines !( c’est pas très original ) Non sans blague, quelle bonne idée de nous permettre de partager un peu toutes vos découvertes dans ce magnifique pays !
    Et cela, avec ton habituel « humour ravageur » .
    Tu nous ferais presque oublier que là aussi,pourtant,la réalité n’est pas toujours aussi idyllique.
    Continue quand même à nous faire sourire, rire et…rêver !
    Vite, vite, les « flops ! Bisous

    1. Merci Maman. Tu restes ma plus fidèle lectrice !!!!

  3. bonjour jean-pierre! je vais bien merci 🙂 et toi aussi à ce que je lis 😉 c’est super que toute la famille se plaise en afrique du sud! ça doit fort vous changer de l’inde! je me réjouis de lire la suite! bisous!

    1. Coucou ChiaChen !

      Je vois que tu as parfaitement assimilé les techniques de salutations sud-africaines !! Ici la famille se réduit dangereusement. Il n’y a plus que Luna avec nous. Tom étudie à Bruxelles et Julie vit en France. Ils viennent nous voir aussi souvent que possible. Et toi, quoi de neuf ??? Envoie-moi un peu nouvelles quand tu as le temps. Bisous J-P

  4. Super Jean-Pierre !!!!! Je suis très heureuse que tu reprennes la plume, ça veut dire beaucoup. YES j’adore évidement. Vivement les flops.

    1. C’est toi qui continue à m’inspirer . Tu seras toujours ma muse !

  5. Avatar de Yaël Haumont
    Yaël Haumont

    Heureuse de lire que toi et Catherine soyez séduits par cette nouvelle aventure sud-africaine. Merci de nous plonger dans votre nouvel univers à travers ta plume. Impatiente d’en apprendre plus !

    1. Coucou Yaël ! Ravi que cela t’ai plu. J’espère que cela te donnera envie de venir faire un petit tour par ici, un jour ou l’autre.

  6. Avatar de chantal hemroulle
    chantal hemroulle

    enfin te v’là !! je me disais « ça y est ,il vieillit …il souffre du syndrome de la page blanche… Stop à la plaisanterie ;le J.P. nouveau est toujours aussi bon !! c’est un réel plaisir de parcourir tes savoureux « top’s » !!!! et de découvrir votre plaisir de vivre là bas ! et bien sûr il nous tarde de te retrouver pour les  » flop’s » bisous à vous tous

    1. Tu as raison. J’ai mis un peu de temps à m’y remettre, mais ça y est : le déclic s’est fait. Plus rien ne m’arrêtera maintenant !!! J

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