Oui, Tom marche. Et il était temps. A 16 mois, vous vous rendez compte? Deux qui ont été soulagés, ce jour-la, ce sont ses parents. Car avec son allure plutôt balaise, il en paraissait déjà bien 18. Et ses parents évitaient comme la peste les sorties avec Tom, ou il se trouvait toujours quelqu’un pour faire remarquer bruyamment : « Tiens, il ne marche pas encore ce gros bébé-là, c’est bizarre, non ? »
Enfin, maintenant il marche. II court même, devrait-on dire. Et plus question de le quitter une seconde des yeux. C’est particulièrement quand on ne l’entend plus qu’il faut faire preuve de vigilance : car Tom fait ses bêtises en silence ! Son Papa, qui ne manque jamais une occasion de rappeler « qu ‘il a fait I ‘Afrique » se plait à souligner que « c ‘est comme dans la savane africaine : c ‘est quand on n ‘entend plus rien du tout que le danger se précise… » Pour le reste, quand il ne fait pas de bêtises, Tom s’avère être plutôt bavard. II parle beaucoup, mais, malheureusement, on ne comprend rien de ce qu’il raconte.
Mais il faut dire qu’il passe pas mal de temps avec son Ayi chinoise (c’est la femme de ménage). En Chine, on les appelle « Ayi », ce qui signifie en fait « Tante ». Si cela se trouve, il parle peut-être déjà un excellent chinois. D’ailleurs, il dit Mama pour Maman et Baba pour Papa, exactement comme les Chinois. Et il appelle sa grande sœur Julie, Mimi, ce qui, vous en conviendrez, se rapproche très fort de Meimei, qui veut dire « sœur » en chinois.
De toute façon, son Papa dit que « Si ce n ‘est pas un intellectuel, tant mieux ! II n ‘y a pas de plombier au chômage! » Et c’est bien vrai, que les rares fois où son Papa est contraint de sortir sa trousse à outil (il faut vraiment que ce soit grave !), Tom se rue toute affaire cessante sur les tournevis, pinces et autres marteaux avec une avidité qui ne manque pas d’intriguer ses parents.
Mais si Tom est peut-être sinologue et bricoleur, c’est aussi un tendre ! Surtout avec sa chouchoute : sa petite Maman-chérie, qu’il couvre de bisous du matin au soir.
Avec les autres, c’est autre chose : son Baba, oui, d’accord, s’il insiste ! Mimi, à la limite, mais pas trop (au grand dam de Julie qui est folle de son petit frère). Les autres : foin ! Pas de bisous ! Son Ayi obtient, tout au plus, un « Bye, Bye » quand elle s’en retourne dans ses pénates, le soir venu, et que Tom la reconduit à la porte et la referme avec empressement derrière elle (authentique !). Ah! J’oubliais quand même les deux grands chameaux en chiffons ramenés du Pakistan, et qui trônent dans la cage d’escalier, à qui Tom ne manque jamais de déposer un bisou sur le museau en passant.
Plus bizarre encore : la grosse armoire bibliothèque du salon (un meuble chinois ravissant, soit dit en passant et achetée pour trois fois rien). C’est ce qui sert de coin à Tom : quand il fait vraiment trop de bêtises ou qu’il ne veut rien manger, il se retrouve les bras devant lui, appuyés contre le coté latéral de l’armoire. J’en entends déjà susurrer : « Oh! Les bourreaux d’enfants. Oh! le pauvre petit ! » Et bien sachez que le « pauvre petit » donne des tapes amicales à « son » armoire et va même jusqu’a l’embrasser ! Si, si !
Ah! j’oubliais le principal : il est toujours aussi beau… C’est sa Maman qui le dit. Et si elle le dit, c’est sûrement vrai…


Laisser un commentaire