L'odyssée FantastiqueJe fais tourner la clé de contact et le moteur se met en route docilement. Les deux lourdes portes métalliques des jardins du Consulat s’ouvrent sur mon passage. Je quitte à regret la belle allée étroite, délicieusement ombragée de platanes quasi centenaires, dessinée par un architecte génial de la belle époque. Le choc est brutal. Je me retrouve soudain dans une rue large, encombrée d’une circulation indisciplinée et tonitruante, une sorte d’énorme chenille infernale, grondante et insolente.

Je tarde à m’engager, complètement subjugué par ce spectacle, un spectacle qui se répète pourtant tous les soirs depuis deux ans, chaque fois que je quitte mon bureau de la Wu Yi Lu.

Un minibus passe en trombe devant moi. Assise au deuxième rang, une dame douairière hurle dans un porte-voix de guide de musée que son terminus est la "Xi Zang Lu ! Xi Zang Lu !". Le passager assis juste devant elle doit sûrement être sourd comme un pot, car il continue de somnoler langoureusement tandis que la grosse dame s'égosille à ses oreilles, à s’en faire péter les cordes vocales.

Et puis il y a la meute habituelle des taxis qui foncent sans discernement dans la masse grouillante, cachant leurs méfaits à l’abri de fenêtres teintées de noir, derrière lesquelles j’imagine toujours que se trament de sombres desseins.

De temps en temps, la monotonie du flot des Santanas est interrompue par une de ces petites Charades qui n’en finissent pas de se déglinguer au point qu’elles ne roulent plus que par la force de l’habitude et qu’on n’ose arrêter leur moteurs de peur qu’elles ne se remettent jamais en marche.

J’aperçois aussi quelques tricycles qui s’égosillent de lugubres "Niang kei, niang Kei" (dégagez, dégagez!) pour se frayer un passage parmi la cohorte de bicyclettes, avec leurs chargements des plus hétéroclites : cela va des meubles de salon, aux oies emprisonnées dans des cages en osier, en passant pas des casiers de Coca Cola, des piles de computers, des matelas…

Ce pauvre conducteur de tricycle surchargé semble déclencher l’hilarité de Mickey et de sa joyeuse bande de petits farceursEt puis, bien sur, il y a tous ces cyclistes qui pédalent benoîtement dans cet univers de pétarade motoresque et de klaxons Santaniens. Eux rien ne les dérange. Ils sont hors d’atteinte. Malgré leurs deux roues et leur apparente vulnérabilité, ce sont eux les rois de la circulation à Shanghai, ce sont eux qui dictent leur loi au charroi tout entier. Dans le flot de la circulation, leur interminable cohorte se mue en un gigantesque dragon qui serpente au gré des obstacles qui font mine de leur barrer la route. Ils se sont fixés une fois pour toute un rythme de croisière que rien ne pourra venir troubler jusqu’à ce qu’ils aient atteint leur destination finale. S’ils s’accrochent et tombent, ils remontent en selle dans les deux secondes, presque sans mot dire, juste le temps d’une oeillade lourde de reproche, d’un vague juron proféré à la cantonade. Ils semblent communier tous ensemble dans l’art de la pédale mollement écrasée. Et cependant leur belle unité n’est qu’apparente. Car Le jeune yuppie gominé qui hurle ses "Wei! Wei" dans son téléphone portable n’a pas grand chose en commun avec ce petit vieux, rescapé de la longue marche, dans sa tunique "Mao" bleu délavée, et dont le regard de chien battu trahit toute la détresse, le sentiment qu’il a de s'être trompé d’époque ou de jouer dans le mauvais film. Rien non plus de commun avec cette jolie Shanghaienne fardée, au charme provoquant, aux longs cheveux noirs flottant au vent et dont le jeu de jambes ne laisse pas de me troubler.

Et soudain, je vire à droite et m’engage sur la chaussée. "A la chinoise", c’est à dire sans guère prêter attention au trafic venant sur ma gauche. Les taxis freinent à mort en hurlant leur colère par des coups d’avertisseurs tonitruants, les vélos refusent de s’en laisser compter et plutôt que de ralentir leur course et me passer par l’arrière, effectuent une large boucle sur ma gauche, ce qui les met en grand danger face au trafic venant à l’encontre. Ça y est, j’y suis. Je suis devenu moi aussi un élément vivant de cette marée bruyante, mouvante et polluante. De spectateur, me voilà devenu acteur dans ce drame permanent qu’est la circulation de Shanghai. Maman, au secours! Help! Aiuto!

Ce bus accordéon d’un autre temps a subi un “lifting” signé Pepsi pour le remettre à l’heure de la “Chine nouvelle” A peine engagé, déjà un premier feu se met au rouge sur ma route. Mais il est beaucoup trop tard pour songer à stopper. Au contraire, je fonce, sachant bien que si je m'arrête, il y a toutes les chances pour que ce taxi qui me colle de trop près me tamponne par l’arrière.

De toute manière, ce n’était qu’un maigre sursis, car cinq cent mètres plus loin, le trafic est à l’arrêt. Un vieux bus accordéon, complètement déglingué, comme on en voit sur les vieilles cartes postales jaunies de Shanghai, étire sa longue carcasse à mes côtés. Les passagers me détranchent. Je les vois se cogner du coude pour mater ce laowai perdu dans la circulation Shanghaienne. Ça les amuse beaucoup, je dois dire. Je suis content pour eux. J’en rajoute avec quelques grimaces. Tout mon répertoire y passe. Mais, manque de bol, le trafic est complètement bloqué. Rien ne bouge. Maintenant tous les passagers sont aux premières loges et me montrent du doigt. Je commence à me sentir vaguement gêné. Je feins l’ignorance, mais c’est bien difficile avec cette centaine de paires d’yeux bridés braqués sur moi, sans parler de leurs index tendus pointés ma direction. Alors, quoi, il avance, oui ou non, ce bon Dieu de bus ! Enfin, on se met à bouger, un tantinet. Les klaxons fusent de toute part. Tout le monde y va de sa sérénade. Moi aussi, pour me donner une contenance vis à vis des passagers du bus qui rigolent toujours (je les observe discrètement dans mon rétroviseur que j’ai orienté vers la gauche). On avance au pas de l’escargot. Cinq minutes. Dix minutes. On a fait deux cent mètres.

Quelques piétons tentent désespérément de traverser la route. Les voitures, pare-chocs contre pare-chocs, n’en ont cure. Pour elles, la circulation n’est pas ce qui marche, mais bien ce qui roule, et encore uniquement dans le même sens qu’eux ! Les piétons héroïques arrivent néanmoins à gagner la berne centrale, où ils peuvent trouver un instant refuge sur cette étroite langue de béton à l’abri de la marée automobile qui dérive lentement telle une banquise. Sur ces entrefaites, j’arrive enfin à l’endroit du drame, à l’origine de ce mémorable bouchon. Deux taxis se sont télescopés. Y en a un qui a voulu faire demi tour au beau mitant de la chaussée parce qu’un client le hélait de l’autre coté. L’autre l’a percuté de plein fouet. Une bande sur deux est impraticable, il en reste donc une de libre, mais tout le monde essaye de s’y engouffrer, à l’influence. C’est à celui qui sera le plus culotté, le plus arrogant. La courtoisie? Tiens, fume ! Moi je me dis que si les véhicules dans chacune de nos deux files s’inséraient alternativement, à tour de rôle, genre fermeture éclair, il y a belle lurette que je serais passé. Dommage que Deng Xiao Ping n’ait pas pensé à leur expliquer çà aussi. Je ne sais pas moi, il aurait pu leur dire "S’enrichir est glorieux et conduire comme des fermetures-éclairs est futé"…

Bref, me voilà enfin devant les deux taximens. Ils s’engueulent comme des charretiers, le mégot de cigarette au coin de la bouche. Bien sûr, ce n’est leur faute à aucun des deux ! Le tout Shanghai leur klaxonne autour, mais eux, ils s’en tapent. Tu crois qu’ils rangeraient leurs scories de voitures pourries sur le bas coté ? Fume, je te dis. C’est du belge. A mon avis, ils en ont encore pour une bonne demi-heure à s'engueuler ainsi, jusqu’à ce que, à court d’arguments, ils finissent par retourner chacun dans leurs pénates, la queue entre les jambes, débosseler leur ferraille ambulante et colmater leurs trous de carrosserie…

C’est à moi de passer, mais tous ces salauds se collent tous au c… Je n’arrive pas à me décider. Derrière moi, il y a un monsieur, qui avait pourtant l’air très comme il faut dans sa Lexus, avec son costume trois pièces et sa Rollex en or. Mais voilà qu’il me demande en chinois dans le texte si je n’ai pas envie d’aller me faire voir chez les Grecs (ou un truc du genre, je devine). Mais Monsieur, c’est que ma bagnole, j’y tiens. Elle est toujours intacte depuis presque deux ans, cela tient du miracle. Eux, en général, ils s’en tamponnent une griffe ou une bosse de plus ou de moins. Bon, je m’enhardis et m’avance doucement, mais les autres, dans la file concurrente sont maintenant pare-chocs contre pare-chocs. Je m’avance encore. Je vais toucher. Pourvu que le type devant dans sa tire décrépie me laisse passer. J’avance encore. Oh, oui, je vais toucher! Je ferme les yeux. J’attends le bruit des chocs de carrosserie. Il est terrible le petit bruit de choc de carrosseries, aurait dit Prévert s’il était venu à Shanghai. Mais non, rien ne se passe. J’ouvre un oeil, puis les deux. Ouf, l’autre conducteur s’est laissé impressionner et je suis passé. Maintenant c’est lui qui se fait traiter d'endoffé par la file qui lui colle le train, et la mienne qui avance.

BWang Fayeref, me voilà passé. J’allume la radio pour me détendre. Ça roule un peu. Pas longtemps, car me voilà de nouveau bloqué, derrière un énorme camion cette fois. La radio joue un air de Wang Fei. C’est ma chanson favorite. Je ferme les yeux, respire fort. Je rêve un peu. J’aime bien Wang Fei. C’est ma "star" chinoise. Je donnerais cher pour aller la voir en concert ¹. Je me souviens, quand on était allés à Pékin, il y avait une vedette locale qui se faisait interviewer par la télévision dans le lobby de notre hôtel. Je me suis approché. J’étais sûr que c’était elle. Je suis allé chercher ma petite Julie, pour me donner une contenance, et je lui ai glissé dans l’oreille : Regarde, c’est Wang Fei. Manque de bol, c’était pas elle! Et comme il y avait justement un blanc dans la conversation, tout le monde avait entendu. Ça a été la grosse rigolade, côté chinois. J’avais encore raté une occasion de me taire. Pourtant elle lui ressemblait vachement. Il faut dire qu’il n’y a rien qui ressemble plus à une jolie chinoise qu’une autre jolie chinoise, pas vrai ? … Ah ! Wang Fei, vous voulez que je vous dise. Quand je quitterai définitivement la Chine, il me restera quelques souvenirs : les choses qui m’auront vraiment marqué. La Grande Muraille, la Cité Interdite, Le Bund ? Oui, bien sûr, mais ce seront surtout des images fugaces des petites impasses mystérieuses de Shanghai, des images de petits vieux au petit matin, le souvenir de quelques personnes que j’aime beaucoup. Et puis, bien sûr, la voix de Wang Fei. Et ce sera presque tout … Mais je suis là à rêvasser, et je n’avance pas. Je suis toujours bloqué derrière ce stupide camion. Et je réalise soudain que tout le monde me double sur la gauche comme sur la droite. Ça y est, j’ai pigé : ce camion est en panne. Sans feu de détresse, ni triangle, ni rien du tout. Il s’est simplement immobilisé là ou son moteur a rendu l’âme. Je le double en frôlant l’incident à nouveau puisque personne ne songe à me laisser passer. J’arrive à hauteur du cockpit. Il est effectivement vide. Je largue quelques injures pour évacuer mon trop plein de tension. J’ai des envies de meurtre.

Un nouveau feu. Le centième, je crois. Il passe au vert. Je démarre en trombe. Trop vite sans doute, car une dame en vélo venait à peine de s’engager, alors que, j’en suis sûr, le feu devait déjà être rouge pour elle. Je bloque. Mes pneus crissent. Mes freins chauffent. Je l’ai évitée de justesse. Sous l’émotion, elle a mis pied à terre et me bloque le passage tout contre mon pare-chocs. Je fulmine. Je descends de voiture et me calme les nerfs en la traitant d’une série impressionnante de noms d’oiseaux, empruntés en grande partie au répertoire du capitaine Haddock. Tout cela en français bien sur, des fois que la dame serait ceinture noire de karaté. D’ailleurs, je ne connais pas de gros mots en chinois. Moi, ça me soulage vachement les nerfs de lui dire tout cela, tandis qu’elle, ça la fait marrer de se faire ainsi enguirlander par un étranger en pleine rue. Bref, tout le monde est content. Au bout d’un moment, elle enfourche à nouveau sa bicyclette toujours en se marrant. Moi je m’en retourne à mon odyssée (ou plutôt mon Odyssey, c’est le modèle de ma voiture, publicité non payée pour Honda). Et voilà que j’éprouve presque de la tendresse pour la dame rigolote. Nos chemins se sont croisés un instant, le temps de quelques jurons et d’un sourire. Nous ne nous reverrons sans doute jamais. C’est marrant la vie.

Entre temps, le feu est repassé au rouge, mais tant pis je passe C’est vrai, quoi, c’est la faute de la dame en vélo. Me voilà ensuite dans un long goulot étroit, qui n’en finit pas. A gauche, comme à droite, de grandes palissades bleues cachant des chantiers titanesques. Partout des grues et des bulldozers. Dans ce monde de poussière et ce vacarme assourdissant, il ne subsiste que quelques lambeaux de bâtiments de cette immense rue qu’on a rasée en quelques nuits. Univers d’apocalypse. Est-ce la Bosnie ? Suis-je à Gaza ? Je me pince. Mais non, c’est Shanghai qu’on assassine. Bref, une seule bande praticable donc, et une longue colonne de vélos devant moi. Je klaxonne. Ça leur fait autant d’effet que si je m’étais mis à chanter "Malbroulk s’en va en guerre". Ils continuent à pédaler au petit trot. J’applique la règle 17 du code de la route chinois. "Si un obstacle se présente devant vous, klaxonnez. Si l’obstacle subsiste, klaxonnez plus fort. Mais je pourrais aussi bien leur jouer la Marseillaise, ils ne se bougeraient pas davantage.

Tout un trafic hétéroclite arpente les rues de Shanghai en tout sensCe tronçon de rue n’en finit pas. Je ressens à nouveau des envies de meurtre. Je me retiens de justesse de forcer le passage. Á la place, je respire profondément pour me calmer, croise mon regard dans le rétroviseur, n’y lis que haine, et colère. Je me dis que nous devenons des monstres inhumains derrière nos volants, dans les embouteillages de Shanghai.

Nouveau carrefour. Nouvelle cacophonie. Bien qu’il y ait à nouveau trois bandes de roulage dans chaque sens, c’est l’anarchie la plus totale. Des voitures viennent de partout à contre sens. Il n’y a plus ni gauche, ni droite, mais bien des véhicules qui s'entrecroisent comme des fourmis qui auraient découvert une grosse cuiller dégoulinant de miel et qui toutes excitées s’en retourneraient au bercail en transportant leur précieux trésor. Les pare-chocs se côtoient, les carrosseries se tutoient, les regards se foudroient. Je ne tarde pas à découvrir le motif de ce nouvel imbroglio. Le flic de service est descendu de son piédestal pour s’en prendre avec véhémence à un pauvre tricycle qui a probablement dû égarer les documents de transport des deux énormes frigos qu’il trimbale en équilibre instable à l'arrière de son véhicule de fortune. Le flic le harcèle sans se préoccuper le moins du monde du pandémonium ambiant. Autour d’eux, une foule de curieux s’est constituée, attendant l’issue de la rixe.

Je profite d’une brèche inespéré pour sortir du lot. Sain et sauf, comme par miracle. La radio annonce qu’il est 7 heures du soir à Pékin. A Pékin, comme partout ailleurs en Chine, d’ailleurs, y compris à Kashgar ou à Lhasa et tant pis pour eux s’il y a trois fuseaux horaires de différence.

A présent, je roule nerveusement, serré de très près par deux taxis, un de chaque coté, et je crains à tout moment que l’un d’eux ne fasse un écart. Je finis par ralentir pour les laisser passer. D’ailleurs, nous voilà à nouveau bloqué à un feu. Le deux cent cinquantième, je pense. Je laisse à nouveau voguer mes pensées. Je vous parlais de mes probables souvenirs de Chine lorsque je la quitterai pour toujours. Je réalise soudain qu’il n’y aura guère d’odeurs. C’est dommage, car les odeurs ont beaucoup d’importance pour moi. Je garde en moi le souvenir de tant d’odeurs du passé : celles des marchés aux épices de Karachi, des petits marchands de brochettes du Cameroun, des champs de lavande de la Provence, l’odeur marine de la cote belge, celle si particulière de la savane africaine ou des collines de Sigirya au Sri Lanka, celle des orages tropicaux de Thaïlande ou l’odeur des sculpteurs de bois de Bali. Mais en Chine, rien. Ou pas grands chose. Peut-être celles de ces petites maisons de thé, ou celles des temples bouddhistes ou l’on brûle l’encens. Je me dis aussi que le premier petit malin qui arrivera à domestiquer les odeurs fera fortune. Vous vous rendez compte? Des petits flacons qui contiendraient les odeurs de nos plus beaux voyages, celles de nos premières amours, les odeurs qui ont jalonné notre enfance, celles tellement émouvantes de nos petits enfants… On n’aurait simplement qu’à ouvrir un petit flacon et respirer pour se replonger dans notre passé. Quelle émotion en perspective !

Mais je rêve, je rêve, et j’en ai presque loupé le feu vert. Je m’avance, mais trop tard pour virer sur ma gauche. Déjà une nuée de bicyclettes fonce sur moi. Le peloton se fend en deux pour me passer au travers. Dehors, il s’est mis à flotter et les cyclistes ont enfilé leur K-way coloré, made in China. Avec toutes ces vareuses de couleur, j’ai l’impression d’assister au passage du tour de France, comme une caméra qui serait prisonnière au beau milieu du peloton. Cette vision me donne le tournis. J’ai l’impression que ce peloton n’en finira jamais. Certains me frôlent, s'appuient sur la voiture pour ne pas tomber, se cognent contre mes rétroviseurs extérieurs. Enfin le flux se tarit. Et pour cause, le feu est repassé au rouge. Je me grouille de virer à gauche avant que la marée du trafic contraire ne m’emprisonne à son tour.

Un peu plus tard, j’arrive enfin à l’entrée de notre compound. La grille s’ouvre sur mon passage. Le gardien me fait un signe amical de la main. Je range la voiture, mon Odyssey fantastique, lui coule un regard reconnaissant.

Déjà les enfants se jettent dans mes bras. J’embrasse ma douce et tendre. Elle me dit "Tu es bien tard, aujourd’hui ! Il y a avait du trafic?"

"Non, pourquoi", je lui réponds. "Rien de spécial…". 

(article de JP Muller paru dans "Le Petit Shanghaien" n°21 – déc. 1998 )

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