Je n’oublierai jamais ce jour-là. J’étais encore tout gamin, je devais avoir 9 ou 10 ans, tout au plus. C’était un samedi, en fin d’après-midi. La session des louveteaux se terminait et j’attendais impatiemment qu’on vienne nous chercher, mes frères et moi. Mes parents étaient d’ailleurs arrivés un peu en avance et ils s’étaient mis sur leur trente et un. Car on ne rentrait pas à la maison : on allait au cinéma ! On ne peut pas dire qu’on y allait souvent, alors, à chaque fois, c’était la fête. Et ce jour-là, au petit cinéma de Fléron, on jouait "La Grande Barrière de Corail", un documentaire sur la plus merveilleuse réserve sous-marine du monde.
En fait, je ne l’avais appris qu’une fois en route et pour tout dire, j’avais été un peu déçu… C’est que j’aurais de loin préféré un "De Funès", un western ou un film de cape et d’épée. Mais je m’étais consolé en me disant qu’il y aurait de toute façon un autre film en première partie (à cette époque, il y avait toujours deux grands films dans les cinémas de banlieue) et le paquet de chips à l’entracte…
Le premier film m’avait d’ailleurs beaucoup plu et surtout fort impressionné. C’était l’histoire de Marco Polo. On y présentait les Chinois, surtout l’empereur Kublai Khan, comme des gens raffinés mais cruels et je m’étais bien promis que je ne mettrais jamais les pieds dans un tel pays !
Puis ce fut l’entracte et les chips. C’était la fête, le bonheur. Bingo ! Et alors le documentaire avait commencé. Sans que j’y prenne garde, je m’étais laissé entraîné comme si j’étais devenu plongeur, ou plutôt poisson. Les images étaient enivrantes, la musique douce et apaisante. Les deux heures du film étaient passées en un rien de temps. Le "grand bleu" avait dompté mes réticences du début. Mon imagination voguait au gré des images comme un bateau dansant au rythme des vagues. Dans la voiture qui nous ramenait à la maison, personne ne parlait à personne; nous étions tous comme hypnotisés, subjugués par temps de beauté, de sérénité et de grandeur. Non, vraiment, je n’oublierai jamais.
C’était très exactement à ces instants bénis que je repensais lorsque la voix de ma petite Julie m’avait fait sursauter. "Ca y est, on est partis" avait-elle dit. Et, en effet, notre catamaran venait de lever l’ancre, destination : l’aventure. Nous avions pris place à la première rangée du pont supérieur. Les sièges étaient spacieux, confortables. On se serait crus dans un avion. D’où nous nous trouvions, la vue était spectaculaire. Le fier vaisseau fendait les vagues à vive allure, soulevant des germes d’écumes. J’avais pris la Musaraigne dans mes bras (c’est ainsi que j’aime surnommer Julie) et lui avais raconté cette anecdote de mon enfance. "Tu vois", avais-je ajouté, "la chance que tu as : à ton âge j’ai vu La Grande Barrière au cinéma et toi tu vas la voir pour de vrai. Et, je n’aurais même jamais pu imaginer qu’un jour j’allais vraiment y aller pour de vrai, à la Grande Barrière de Corail ! Elle m’avait répondu d’un câlin dans le cou puis s’était lovée dans mes bras.
Et c’est vrai que c’était extraordinaire : ce mardi 23 décembre 1998, nous voguions fièrement en direction de la Grande Barrière de Corail, à Cairns, Australie. Le prospectus de l’excursion intitulé « Great Adventures on the coral reef » annonçait deux heures de navigation avant d’accoster au ponton d’où nous allions pouvoir à la fois admirer les poissons grâce au pont inférieur situé sous le niveau de la mer, bénéficier d’un buffet pantagruélique, emprunter du matériel de plongée ou de snorkling pour aller découvrir les merveilles environnantes et terminer la journée par une promenade en submersible. La mer était d’huile. Rien ne semblait devoir venir la troubler. J’avais serré la main de Catherine assise à mes côté. Elle était elle-même perdue dans ses pensées, comme toujours lorsqu’elle voyage, et s’était contentée de me répondre d’un sourire complice.
Tom épatait la galerie en faisant ses singeries habituelles à l’avant du navire. Il chantait "Ohé le bateau", sa chanson favorite d’Henri Dès. Il y avait une flopée de Japonais parmi nous et les flashs crépitaient pour mitrailler notre petit bonhomme. Il est vrai qu’il était si beau avec sa casquette "Belgian Navy" bien enfoncée sur la tête.
Pour tromper notre attente, nous regardions la vidéo du bateau qui nous montrait dans les détails tout ce qui nous attendait. Les vues aériennes et sous-marines étaient saisissantes. Nous avions vraiment hâte d’arriver. Un moment donné, un responsable de l’équipage était venu demander qui était partant pour une plongée accompagnée ou pour une sortie en snorkling (tuba) en groupe accompagnée d’un guide. Après réflexion, personne parmi nous n’était chaud pour la plongée (peur des requins ?), mais Julie et moi allions tenter la sortie en mer en snorkling. On ne vit qu’une fois non ?
Je me préparais donc mentalement à ce grand moment (en me recommandant bien de ne jamais perdre la Musaraigne une seconde des yeux) lorsque le steward était revenu. Il avait l’air soucieux. Accompagné d’une interprète japonaise, il avait alors expliqué que les expéditions de snorkling et les plongées étaient annulées en raison des mauvais conditions de visibilité. Catherine et moi avions instinctivement tourné notre regard vers la mer d’huile sur laquelle nous voguions et, d’un air entendu, en avions conclu qu’ils n’avaient sans doute guère envie de se fouler ce jour-là.. La déception était néanmoins dans nos rangs. Julie surtout se lamentait. Sur ce, le steward était revenu avec un magnifique certificat dûment estampillé et attestant de la performance de Julie en snorkling à la Grande Barrière de Corail. Ce n’était pas très réglo, mais cela avait eu don de la calmer. Quant à moi, je m’efforçais de conserver mon moral au beau fixe. S’il n’y avait pas de sortie en groupe, j’irais donc seul à la découverte des grand fonds marins. Et tant pis pour ce steward de malheur.
Sur ces entrefaites, nous avions enfin accosté au ponton. Tout était bien comme sur le prospectus et la vidéo. Rapidement, nous nous étions frayés un passage parmi la marée humaine vers le pont inférieur situé sous le niveau de la mer pour capter rapidement une première impression de la Grande Barrière. Mais une première déception nous attendait : il n’y avait rien à voir, ou si peu … Tout au plus, apercevait-on quelques gros poissons gris qui frôlaient le ponton, attirés sans doute par la promesse de quelque nourriture abandonnée par les touristes.
On s’était entre-regardés, avec ma petite Loupette, un peu inquiets. Mais pas question de céder au découragement ! Nous étions vite remontés à l’étage. Dans d’immenses bacs de stérilisation colorés, les combinaisons de plongée et les équipements de snorkling attendaient les aventuriers d’un jour : tubas, bouées de sauvetage, lunettes et palmes. C’était très bien organisé : chaque taille avait sa couleur et même si certains touristes se montraient quelques peu indisciplinés, nous avions pu rapidement trouver tous les trois les équipements ad hoc. Je dis tous les trois car Catherine avait décidé de rester provisoirement sur le ponton pour visiter à son aise et pour filmer nos mouvements du pont supérieur. Julie, toute de jaune vêtue, la première prête, avait déjà plongé, tandis que j’accompagnais Tom dans un enclos de 3 m sur 4 m grillagé sur les côtés et sur le fond, accolé au ponton, et destiné aux tout petits. Avec ses immenses lunettes noires, son tuba qui lui faisait comme une antenne et son gilet de sauvetage vert, il avait tout à fait l’air d’un insecte monstrueux. J’étais resté près de lui quelque temps pour qu’il s’habitue à l’eau et pour bien montrer aux petits enfants qui s’ébrouaient près de nous qu’il ne fallait pas venir tracasser mon Loulou. Mais j’avoue que j’avais vraiment hâte de rejoindre Julie en haute mer (je dis cela pour me vanter mais, en fait, la zone autorisée aux nageurs isolés était circonscrite par des bouées flottantes disposées en arc de cercle autour du ponton).
Catherine savait mon impatience et m’avait enjoint d’aller retrouver Ju-Ju. Alors je m’étais lancé à mon tour, mais non sans l’avoir rassurée au préalable d’un geste de plongeur averti : les deux pouces levés, histoire de bien lui montrer que tout allait bien, que je contrôlais la situation. J’avais vu faire ce geste par les plongeurs du commandant Cousteau. Sauf qu’eux, ils se trouvaient en mer, par trente mètre de fond …
Première surprise, l’eau était froide malgré les 35° extérieurs. C’était donc en grommelant que je m’étais mis en quête de Julie. Pas facile à la retrouver parmi tous ces nageurs. Quasi tous Japonais en plus ! Mais qui parlait d’une crise asiatique ? Tout le Japon était là ! Enfin, je l’avais aperçue, près de l’échelle métallique prête à remonter sur le ponton. Bizarre : que pouvait-elle bien y aller chercher ? Mais tant pis, j’avais trop hâte d’explorer la Barrière de corail à la recherche des images de mon enfance. Je m’étais donc lancé, à la verticale, tel un canard, le croupion à l’air. Et là, nouvelle déception, je n’apercevais rien de rien. Seule une mer grise et trouble, genre « Mer du nord à Coxyde ». Au loin, tout au fond, je croyais discerner des coraux mais il ressemblaient plus à des rochers tant leur couleur était fade. En m’appliquant, j’avais quand même bien entrevu quelques poissons multicolores mais il me semblaient si loin, bien au delà des cordages de bouées.
Prenant des risques quelque peu inconsidérés, j’avais finalement décidé de dépasser le cordage et de plonger véritablement, ce qui était bougrement difficile avec cette maudite bouée de sauvetage. Mais cette fois, je le sentais, j’allais les découvrir, les coraux multicolores autour desquels des poissons bariolés viendraient se lover. Et pourtant rien de tel, ou si peu, ne s’était présenté. J’en avais été quitte pour avaler trois ou quatre tasses d’eau salée et jurer dans toutes les langues. J’allais abandonner quand enfin quelque chose avait attiré mon attention : des taches de couleur, là bas, au fond, à bâbord (çà y était : j’étais devenu marin). Cette fois, j’avais laissé là mon gilet afin de progresser plus rapidement et toucher enfin du doigt le rêve de mon enfance.
Et, en effet, plus je me rapprochais, plus les couleurs devenaient violentes et plus les formes se précisaient. Apparemment, j’avais à faire à de très gros poissons. Tout excité, j’étais remonté en surface pour prendre de l’oxygène, et avais plongé à nouveau, à la verticale cette fois. Telle un flèche lancée par un arc bandé à mort, je progressais rapidement vers ma cible. Malheureusement, arrivé auprès de celle-ci, je m’étais rendu compte que ce que j’avais pris pour de gros poissons multicolores n’était en fait qu’un couple de plongeurs parce que les combinaisons d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec celles ternes et austères de ce brave Cousteau qui a tant fait pour la plongée. Bref, déception sur toute la ligne et retour à la base, tout penaud.
Arrivé sur le ponton, j’allais pour expliquer à ma douce et tendre l’objet de toutes mes désillusions. Mais, pas le temps, car à peine arrivé à bord, j’étais accaparé par une Julie pleurant toutes les larmes de son corps. En fait, elle avait déjà essayé trois masques différents et aucun ne lui allait : son visage étant trop fin, l’eau s’infiltrait sur les côtés, jusqu’à lui masquer complètement la vue et lui piquer les yeux. Nous avions cherché ensemble dans les grands bacs à masques mais rien à faire, la Musaraigne était trop fine ou les masques étaient trop grands, ou alors vraiment trop petits, comme celui de Tom. Tiens, Tom, qu’est-ce qu’il devenait au fait ? Je l’avais presque oublié, celui-là ! Laissant Julie hurler à la mort, je m’étais précipité sur le pont surplombant "la cages aux tout petits". Ouf ! Catherine était là qui le couvait d’un regard tout maternel. Tout allait bien pour lui : il batifolait dans son aquarium grillagé.
C’est alors que j’avais remarqué que Catherine était toujours toute habillée. Renseignement pris, elle avait oublié son maillot … Oui, vous avez bien lu! Nous avions réservé ces vacances de rêve depuis six mois, en y pensant tous les jours, nous avions volé douze heures d’avion depuis Shanghai, destination Cairns, via Sydney; nous avions navigué deux heures pour atteindre ce ponton ; nous avions payé, pour cette excursion de rêve, je ne sais plus combien de milliers de dollars australien. Nous étions aux antipodes de la Belgique, au saint des saints, sur le meilleur ponton du plus beau site de la neuvième merveille du monde (c’est ce que disait le prospectus), et ELLE AVAIT OUBLIE SON MAILLOT !!!
Le temps de reprendre mes esprits, de trouver une solution à son problème (puisque nous, les hommes, nous sommes comme cela parait-il : nous nous échinons à trouver à tout prix des solutions lorsque nos bonnes femmes nous embêtent avec leurs problèmes, alors que tout ce qu’elles veulent c’est simplement nous confier leurs petits malheurs personnels pour qu’on les prenne sous notre aile protectrice et point final). Bref, j’avais cru bon de lui faire remarquer qu’ils louaient des maillots sur le ponton, mais elle m’avait répondu d’un haussement de sourcil irrité qui voulait dire : "Dis, tu ne crois quand même pas que je vais enfiler un de leurs sales maillot qui a dû être porté par la terre entière avant moi?". Vous voyez, c’est quand même bien d’être ensemble depuis tant d’année, tout ce qu’on arrive à se dire d’un simple haussement de sourcil ! C’est fou ce qu’on économise comme salive !
A ce moment, la cloche du ponton avait sonné pour annoncer que le buffet était servi, ce qui dans notre cas particulier provoquait une heureuse diversion…
Hélas, le buffet fut un vrai désastre. Les touristes japonais (oui, je sais, je leur en veux…) surgis d’on ne sait où s’étaient rués vers le buffet, nous pulvérisant au passage. En plus, quand on était arrivés, on s’était rendu compte que c’était franchement peu ragoutant : il ne restait que des salades passées, des fruits rances et des plats froids composés sans imagination, le tout assaisonné de mayonnaise australienne sucrée à mort, que c’en était une abomination. Les enfants n’avaient pas voulu y toucher, mais heureusement, Catherine a toujours plus d’un tour dans son sac, au propre comme au figuré. Son sac, c’est comme qui dirait la hotte de Saint-Nicolas, elle en sort des trucs pas possibles dans le genre bouffe, médicaments, serviettes humides, crèmes solaires et j’en passe. Bref, les enfants s’étaient rabattus sur les biscuits, yaourts, fruits et autres snacks dont Catherine les avait régalés.
Mais notre moral était quand même bien bas. Personne ne parlait à personne, sauf Tom. Car je dois à la vérité de dire que Tom ne partageait pas du tout notre déconvenue. Il était même plutôt volubile, affirmant, croix de bois, croix de fer qu’il avait vu des tas de requins dans sa cage en fer (comme il avait vu un reportage de Cousteau sur les requins peu avant, nous croyons que son imagination avait travaillé, mais nous n’avions pas osé le contrarier). Julie avalait son frugal repas sans appétit et sans prononcer un mot, ce qui est rare et signe que ça va vraiment mal. Catherine repensait à son maillot resté à notre hôtel et moi à mes plongeurs japonais (oui, je sais, rien ne prouve qu’ils étaient japonais) et à la lettre de protestation que j’allais leur envoyer, à la compagnie des "Great Adventures". Bref c’était le désastre, la Bérésina…
Nous avions rabattu tous nos espoirs sur l’après-midi ,avec la promenade en submersible. Echaudés par le buffet, nous nous étions placés les premiers dans la file, près du panneau annonçant le prochain départ du sous-marin, trois quart d’heure plus tard.
Nous avions donc été les premiers à embarquer et nous ne nous étions évidemment pas gênés pour prendre les meilleures places, bien au centre du bathyscaphe, près des plus grands hublots. Celui-ci s’était rempli rapidement et nous avions appareillé. Hélas! Pas grand changement par rapport à mes tentatives de plongée en solitaire. Toujours rien ou presque à se mettre sous la dent, mis à part les mêmes poissons gris déjà aperçus précédemment. Le commandant de bord s’en était excusé en nous expliquant qu’un fort courant marin provoquait d’intenses perturbations juste au dessous du niveau de la mer, un phénomène, parait-il très rare, ce qui nous faisait une belle jambe.
Et tandis que Tom croyait apercevoir un "troupeau de requins" sur la gauche, notre attention était attirée par notre voisine de droite, une jeune Chinoise, ce qui ne nous dépaysait pas trop, occupée à se vider les tripes, malade à ne plus en pouvoir. Elle avait dû prévoir le coup, car elle avait effectué sa petite opération très discrètement, presqu’en silence, dans un de ses petits sacs en papier qu’on distribue dans les avions.
Du coup, j’avais fait remarqué à Catherine que nous avions bien fait de boycotter le buffet. Nous nous efforcions de faire bonne figure, Catherine affichant ostensiblement, à l’égard de notre infortunée voisine, un sourire compréhensif et désolé, mais néanmoins un peu coincé tout de même. Par contre, du côté de Julie, c’était tout sauf discret. La Musaraigne, croyant peut-être que nous n’avions pas noté les malheurs de notre voisine nous faisait de grands signes, derrière son dos, en se pinçant le nez d’un main, tout en s’éventant de l’autre.
L’aventure sous-marine s’était donc terminée en queue de poisson si je puis dire, c’est à dire sans que nous ne rencontrions aucune pieuvre géante ou grand requin blanc (sauf ceux aperçus par Tom bien entendu), heureusement d’ailleurs, sauf que nous n’avions presque rien vu d’autre comme animaux aquatiques, ce qui la foutait mal, il faut bien le dire.
Bref, notre expédition semblait devoir se terminer par un échec sur toute la ligne, et je maugréais, lors de la traversée du retour en pensant à nouveau à tout ce pognon que cette histoire nous avait coûté, et puis au film de mon enfance, au petit cinéma, juste après les petits louveteaux.
Pourtant la joie de vivre de notre petit Tom faisait plaisir à voir, ce qui nous avait quelque peu rassérénés. Ensuite ils avaient eu la bonne idée dans la catamaran qui nous ramenait à Cairns de passer une vidéo sensationnelle sur la Grande Barrière. Ah ! Merveille des merveilles: poissons, coraux, crustacés, mammifères marins : quel ravissement. Voilà que je retrouvais la profonde sérénité de mes dix ans. J’avais été à la boutique du bateau pour acheter la cassette, histoire de ramener quand même un souvenir de notre excursion.
Pour comble de bonheur, ils avaient enchaîné par la dernière vidéo de Mr. Bean. Ses pitreries avaient définitivement chassé nos idées noires comme un vent bienfaiteur repoussant de gros nuages menaçants.
Sans aucun doute possible Mr. Bean fut le meilleur moment de la journée. Même la Musaraigne avait fini par retrouver son sourire légendaire. Elle en avait oublié ses malheurs avec les masques de plongée et pensait déjà à la piscine qui l’attendrait au retour à notre hôtel.
Je me doute bien que certains ne manqueront pas d’ironiser que ce n’était pas la peine d’aller jusqu’à Cairns pour s’extasier ainsi sur Mr. Bean. Pour ma part, je ne m'abaisserai pas à répondre à ce genre de basse provocation.




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