Toute l'équipe d'Autant dire pour le final de la pièceQuelques semaines à peine après les « 8 femmes », j’étais reparti pour une nouvelle pièce avec la troupe de « Et voilà théâtre » ! Mais en tant qu’acteur cette fois, plus comme metteur en scène  …

Mais plus le temps de mettre en chantier une grande pièce car on était déjà en décembre. Notre nouveau projet devait être prêt quatre mois plus tard afin d’être inclus au programme de la fête de la francophonie 2006 à Houston.  Nous nous sommes donc mis d’accord sur l’idée d’une pièce à sketches intitulée « Autant dire » composée des apports des uns et des autres pour constituer au final, et pour reprendre le communiqué officiel, « un assortiment d’une vingtaine de sketches de longueur et d’humeur variables, entre rire et larme, entre saracasme et poésie, entre rêve et réalité » … Bref, un beau challenge vu le peu de temps disponible pour le préparer, et vu qu’il réunissait une quinzaine de comédiens dont plein de nouveaux !

Pour ma part, je suis intervenu dans 9 sketches au total, dont huit « sketches belges », écrits par Frédéric Jannin et Stefan Libersky, des conversations téléphoniques entre deux comparses à propos des petites choses de la vie. Dans l’ensemble du spectacle, ces sketches jouaient un peu le rôle de transition entre les autres, aux tons plus dramatiques, plus philosophiques, ou à l’humour plus acerbe. Dans un spectacle qui s’enchaînait à une cadence très soutenue, ces deux personnages simples et drôles qui revenaient comme un leitmotiv avaient, je crois, un coté rassurant pour le public. C’était comme des amis, ou des proches, que le public retrouvait à chaque fois avec plaisir.

A propos de plaisir, je dois dire que j’en ai éprouvé beaucoup à jouer ces sketches avec Yves, mon partenaire. Nous étions sur scène un peu comme à la vie, très unis et très complices, mais en même temps très différents, presque opposés du point de vue de nos caractères : l’un nerveux, anxieux, surexcité, excessif, passionné (c’était moi) et l’autre placide, blasé, moqueur, un peu hautain (c’était Yves). L’Auguste et le clown blanc en quelque sorte… La difficulté était de faire ressortir ces deux caractères diamétralement opposés dans des scènes figées : nous étions en effet chacun d’un côté de la scène, debout au téléphone, presque immobiles, simplement éclairés chacun par un halo de projecteur. La deuxième difficulté était de faire passer l’humour belge, avec son lot d’autodérision, son jargon et ses « fautes de langage » à un public non belge, composé essentiellement de Français, mais aussi pour une bonne part de spectateurs non francophones, qui suivaient la pièce grâce aux surtitres en anglais. C’est encore plus dur évidement de traduire l’humour belge en anglais … Mais à en juger par les applaudissements et les éclats de rire, c’est plutôt bien passé … Coup de chapeau à nos traducteurs !!!

Le neuvième sketch était d’un tout autre genre. Il s’agissait en fait d’une pièce courte de Eric Emmanuel Schmidt, intitulée « Mille et un jours ». C’est l’histoire de François, un grand malade dans le coma depuis des mois, dans une chambre d’hôpital; sa femme Suzanne vient lui rendre visite tous les jours à la même heure et pendant un quart d’heure, elle lui lit le journal, lui raconte les petits potins de la vie et lui confie tout son amour. C’est le fil ténu de ces rendez-vous quotidiens avec son aimée qui le maintient en vie, un peu à l’image de Shéhérazade dans les contes des mille et une nuits. Il l’entend, il lui répond même, mais Suzanne ne l’entend pas. Jusqu’à la réplique finale où il revient à la vie. Je jouais donc le rôle de François. J’intervenais à la fin de la pièce, en voix off, renforcée par un micro. J’étais en coulisse, on ne me voyait donc pas sur scène. J’avoue que j’ai beaucoup hésité avant d’accepter ce rôle. Je déteste ma voix, surtout à travers un micro, et c’était donc très difficile pour moi de me faire à l’idée que le public allait seulement entendre ma voix, surtout que c’était uniquement à travers elle que je devais faire passer l’émotion dramatique de cette scène. J’ai finalement accepté parce que ce texte est magnifique. Et aussi parce que j’avais une partenaire fantastique! Néanmoins, cette courte pièce m’a demandé une énergie considérable, paradoxalement bien plus considérable que celle des huit sketches belges réunis. A chaque fois que je terminais cette scène, j’étais littéralement vidé de mon énergie. Heureusement qu’il y avait l’entracte juste après pour me remettre !

J’en ai conclu que c’était beaucoup plus facile pour moi de faire rire que de faire pleurer ! En tous cas, je suis ravi d’avoir pu contribuer à ce 9ème projet de la troupe  « Et Voilà Théatre » http://www.etvoilatheatre.org/ …

Bravo à Véro et Hermine pour la mise en scène … Et merci de la confiance ! 😉

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Pour visualiser le slide show de la pièce, cliquer sur la photo ci-dessous, et ensuite sur l’onglet « Théâtre Autant dire set ».

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Une réponse à « « Autant dire” : du rire et des larmes dans un cocktail de sketches sucrés-sâlés »

  1. Avatar de laurence sebeyran
    laurence sebeyran

    vous etiez super les 2 comperes !! on sentait une telle complicite entre vous..incroyable !! bravo..Laurence..

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